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Cet article est paru dans Interdépendances n°71 - Troisième trimestre 2008 2008.
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Réaction de Cacique le 23/10/2008 à 15:17
Il y a normes et normes.
Lorsque l’on essaie d’imposer au monde les appellations contrôlées, par exemple, on oublie que la mondialisation ne date pas d’aujourd’hui et que le Chili a pourvu le France des pieds de vignes après le désastre du phylloxéra. Le Chili a utilisé l’appellation « Champagne » pendant plus d’un siècle. Aujourd’hui le Chili est menacé de sanctions (attitude impérialiste de base) si il continue à utiliser ce terme générique.
(Voir : Colloque sur la protection internationale des indications géographiques
Montevideo, 28 et 29 novembre 2001)
Par contre, lorsqu’un projet conjoint est mis en place entre deux réalités l’une développée et l’autre « en développement », la détermination des normes, protocoles de fonctionnement, niveaux de qualité, points de contrôle, imposé aux pays du tiers monde par les nations développées semble une gymnastique absolument nécessaire.
Ne pas le faire c’est pousser à l’utilisation des moyens en forme complètement anarchique et à leur dispersion dans des poches plus ou moins identifiées (autant dans les pays pourvoyeurs que dans les pays bénéficiaires)
Il ne faut pas s’arrêter pour crier horreur sur une norme simple, du type « bio » par exemple.
Les consommateurs dans les pays riches ont leurs habitudes alimentaires (pas nécessairement les meilleures, d’ailleurs) et il faut les respecter. Ceci, appliqué aux exportations n’a pas vraiment de conséquences locales. Les pays en voie de développement font l’effort vers le client et ceci améliore leurs outils industriels et leur approche technique aux consommables.
La valeur locale reste originale et se développe dans son contexte. Ce n’est pas pour rien que les mexicains appellent les problèmes gastriques des touristes gringos « La vengeance de Moctezuma ! ».
Néanmoins, ces exigences prononcées par les acheteurs des matières premières doivent rester la responsabilité des pays fournisseurs. La multinationale qui s’installe en circuit fermé, grilles et gardes armés pour « raffiner » les produits locaux avant de les expédier vers le Nord doit être évitée. Le commerce équitable n’est pas seulement l’apanage du petit producteur caricaturisé par des publicités fortes de café, mais aussi l’obligation directe entre Etats responsables.
Dire que l’application des normes est une arme des néocolonialistes c’est prendre des raccourcis, c’est la manifestation d’un complexe post-colonial et, pire, c’est infantiliser les organisations locales « incapables » faire face aux demandes de qualité.
Un dialogue responsable, un engagement clair, des savoir-faire partagés, tout cela couché noir sur blanc (normé) et respecté par tous et voila un monde qui fonctionnerait bien mieux que celui qui nous connaissons.