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Première chose et non des moindres, mieux vaut éviter de s'encombrer de tout ce qui pourrait être utile à d'autres... notamment en faisant don de ses organes. Aujourd'hui, la tendance au don d'organes atteint péniblement les 10 % de la population française. Il est pourtant très simple de donner tout ou partie de son corps afin que la médecine puisse en faire profiter des gens dont la vie en dépend.
La présentation du corps du défunt est une pratique qui se répand. Mais les techniques de conservation des corps (thanatopraxie) ont un douloureux impact sur l'environnement. De nombreux produits chimiques sont en effet nécessaires pour que les enveloppes charnelles conservent leur aspect. Ce retardement du phénomène naturel qu'est la putréfaction n'est pas à mettre au rang des indispensables.
Pratique très courante, les fleurs lors d'un enterrement contribuent pour la plupart à de terribles enjeux de développement durable. Socialement, beaucoup de plantations de fleurs coupées sont caractérisées par des conditions de travail déplorables. La majeure partie de la production de fleurs est issue de pays en développement où les législations ne protègent pas encore suffisamment le salarié, et où l'on constate une certaine forme d'esclavage associée à une problématique de santé sur le lieu de travail. En terme d'environnement, il va sans dire que l'importation de fleurs n'est pas sans impact. De plus, les serres où sont cultivées les plantes sont très énergivores et de nombreux intrants chimiques (engrais et pesticides) garantissent la croissance des végétaux. Il sera donc préférable de bannir tout simplement les fleurs de ses funérailles, ou d'opter pour des fleurs en pot (certifiées bio et équitables) qui pourront tenir la distance (les vivaces par exemple).
Les fleurs, plaques commémoratives et autres témoignages d'affection sont de tradition. Sans interdire à vos proches de témoigner leur attachement, pensez à leur faire part de vos dernières volontés, libre à eux de les respecter. Ainsi, il est de plus en plus courant aujourd'hui d'inviter les personnes en deuil à ne pas investir d'argent dans des fleurs ou autres artifices, mais à consacrer le budget correspondant au bénéfice d'une association ou œuvre caritative. Ainsi, les témoignages d'affection ne seront plus aussi éphémères qu'une fleur, mais bien durablement bénéfiques.
Les pierres tombales contribuent à l'imperméabilisation des sols et empêchent les plantes de vous apporter une compagnie nettement plus légère. Une étude réalisée outre-Rhin a déterré le fait qu'un tiers des pierres de taille utilisées en Allemagne, notamment en guise de tombe, seraient produites en Inde par du travail infantile. L'exploitation des carrières est une activité dangereuse, et les conséquences sur la santé des travailleurs des pays à bas salaires sont dramatiques, d'autant plus lorsque ce sont des enfants qui en souffrent. Privilégiez donc une couverture végétale.
La législation française ne règlemente que l'épaisseur du bois qui constituera votre dernière demeure. Cependant, des offres apparaissent pour limiter les impacts des éléments de décoration intérieure et extérieure (tissus, poignées...) et du bois (forêts certifiées situées en France). Là encore, opter pour la sobriété vous ouvrira les portes d'une biodégradabilité optimisée.
Partir en fumée ou voyager au centre de la terre... un dilemme. Il est difficile aujourd'hui de comparer la crémation et l'enterrement. La première est fortement émettrice de gaz à effet de serre car elle requiert beaucoup d'énergie, et les rejets qui résultent du processus ne sont pas exempts de polluants. L'enterrement, quant à lui, dégage aussi différentes substances toxiques, et la consommation d'espace est un enjeu clé par rapport à l'empreinte écologique. Il serait utile de pouvoir disposer de résultats scientifiques de type Analyse de cycle de vie (ACV) – ironie du sort – des différentes pratiques funéraires, pour distinguer l'ensemble des impacts de chaque option et déterminer comment la mort pourrait se mettre au vert. Mais en respectant les points précédents, on évite déjà de nombreux impacts et il est alors plus aisé de reposer en paix sans trahir ses valeurs durables.
Notamment pour trouver l'inspiration et identifier les bonnes pratiques. Le débat sur la fin de vie et ses implications très « terre-à-terre » est nettement plus avancé dans d'autres pays comme la Belgique ou l'Angleterre. Il est donc essentiel d'ouvrir le débat et d'utiliser le levier de la demande pour influencer l'offre funéraire. Il s'agit, au final, de garantir que les tendances les plus écologiquement polluantes et socialement critiquables ne fassent pas de vieux os.
Le don d'organes, grande cause nationale 2009
Le label Grande cause nationale 2009 a été attribué à la campagne de communication sur le don d'organes, de sang, de plaquettes et de moelle osseuse menée par le collectif “Don de vie, don de soi”. Toutes les infos sur le site de l'Agence française de la biomédecine:
Cet article est paru dans Interdépendances n°73 - 2ème trimestre 2009.
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Réaction de CLAIRE le 05/05/2010 à 06:47
Réflexion à mon avis très salutaire, exprimée avec un langage approprié, technique et objectif :
mais enfin, les peuples dits primitifs se soucient bien de cela ! Alors, nous, qu'attendons-nous ?