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Pierre Rabhi, rédacteur en chef invité du prochain numéro d'Interdépendances
Agriculteur spécialiste de l’agroécologie, penseur et auteur, Pierre Rabhi est le rédacteur en chef invité de ce n° 77...
Une centaine de personnes était réunie mardi 26 janvier dans une grande salle pimpante de la Mairie du 14ème arrondissement de...
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Moins de licenciements que dans les entreprises classiques, possibilité pour les salariés de préserver l'activité par la reprise de leur entreprise en difficulté (sous forme de Scop, société coopérative de production) : le statut coopératif serait-il un rempart pour l'emploi en temps de crise ? Les membres sont à la fois associés et utilisateurs, et une part des bénéfices est mise en réserve. Le fonctionnement, basé sur l'activité non pas le capital, maintient les personnes au cœur de l'activité, limite la spéculation, et évite les délocalisations puisque le profit n'est pas l'unique priorité. Par leur cadre même, nombre de coopératives ont échappé aux pires dégâts de la crise de 2008.
Fondées sur la propriété collective et l'exercice démocratique du pouvoir, les coopératives ont pour principes la prise en charge et une responsabilité à la fois personnelle et mutuelle, la démocratie, l'égalité (une personne = une voix), l'équité et la solidarité. Coopératives d'usagers, banques coopératives, coopératives d'entreprises, de producteurs (Scop), ou d'intérêt collectif (Scic) : sous diverses formes et de toutes tailles, elles fixent souvent l'activité à échelle locale, mais pas exclusivement : on trouve également des coopératives actives dans plusieurs pays, par le biais de filiales. Innovation récente, le statut de société coopérative européenne adopté en 2003 par l'UE, permet depuis sa transposition en droit français en 2008, à une seule et même coopérative française de passer les frontières nationales sans devoir créer de filiale.
Que leurs statuts se diversifient, et les possibilités des coopératives s'étendent est salué par les acteurs du tiers secteur. Le modèle est toutefois terni lorsqu'elles s'éloignent de leurs principes fondateurs. Les structures qui ces dernières années s'étaient alignées sur des pratiques courantes, certaines banques coopératives par exemple, ont joué et perdu gros. Le statut ne fait pas le moine : on peut être coopérative, adopter les mêmes pratiques que des entreprises d'autres secteurs et subir les mêmes dégâts ; être coopérative et oublier la solidarité et l'équité. Sur ce dernier point, un rapport édité à l'occasion de la campagne “Droits des travailleurs... liquidation totale ?” fin 2009, par le collectif Ethique sur l'étiquette, en lien avec la Clean clothes campaign [1] épingle plusieurs distributeurs pour leurs pratiques en matière de production textile. Concernant la qualité sociale, ou prise en compte des conditions sociales de production, une coopérative figure en mauvaise place parmi les grandes surfaces françaises [2].
En principe, les membres de coopératives adhèrent à une éthique fondée sur l'honnêteté, la transparence, la responsabilité sociale et l'altruisme. En pratique, le respect des valeurs fondatrices dépend des personnes qui composent chaque structure.
[1] Campagne « Droits des travailleurs... Liquidation totale ? », lancée en novembre 2009.
[2] Synthèse de l'étude sur la prise en compte de la qualité sociale par Auchan, Carrefour, Casino, E.Leclerc (commandée au cabinet Syndex).
Cet article est paru dans Interdépendances n°76 - 1er trimestre 2010.
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