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Apparues dans les entreprises il y a moins de dix ans, les fonctions de direction du développement durable connaissent déjà une première révolution. S'écartant des enjeux purement communicationnels de départ, leur implication dans la stratégie des entreprises va croissante.
Le directeur développement durable a posé ses valises dans votre entreprise il y a quelques années maintenant. Vous n'avez jamais pris le temps de vous intéresser à sa fonction, puisque celle-ci ne vous a jamais parue réellement fondamentale ? Méprise ! Dans un contexte mouvant, le directeur DD est devenu un acteur essentiel de l'entreprise, et si aujourd'hui, son activité n'impacte pas directement la vôtre, il faut s'en inquiéter !
Le directeur DD fut, dans bien des cas, un enfant non désiré. L'histoire retiendra que les entreprises n'ont véritablement initié l'intégration de la fonction que sous la pression de la société civile. La profession s'est en effet considérablement développée à la fin des années 1990, suite à l'insistance de différentes parties prenantes (ONG, investisseurs [1], consommateurs, groupements syndicaux...) à voir dispenser quelques doses d'éthique dans l'entreprise. Le développement durable n'était alors, pour les sociétés, qu'un « simple » enjeu de communication. Il visait la préservation (d'une image) avant la création (de valeur). Au tournant des années 2000, le législateur lui a fait prendre une dimension supplémentaire avec l'instauration de la loi NRE (Nouvelles régulations économiques) qui oblige les sociétés françaises cotées à présenter, dans leurs rapports de gestion annuels, des données sur les conséquences environnementales et sociales de leurs activités. Selon les prévisions du ministère de l'Ecologie, la loi NRE devrait permettre de créer 124 000 emplois « environnementaux » dans tous les secteurs d'ici 2012. Une aubaine pour les aspirants du DD ! Pour autant, si la profession infiltrait ainsi définitivement le monde de l'entreprise, c'était par la petite porte : celle de la contrainte. Restait à sortir du bois et à élargir un champ d'action alors limité.
Parfois accueillis avec scepticisme, les professionnels du DD ont su s'aménager une place durable en apprenant le langage de l'entreprise : « création de valeur », « différentiation sur les marchés », « business opportunities »... Le développement durable au service du développement de l'entreprise, ça coulait pourtant de source ! Comme le précise une étude menée en 2008 par le cabinet Paradigm 21 auprès d'une quarantaine de gens du métier, « la première génération de DDD [2] a démontré la possibilité de convertir des contraintes réglementaires en opportunités de croissance, la deuxième génération a désormais pour mission d'accompagner les comités de direction dans la traduction opérationnelle du développement durable. » Les pionniers avaient dû justifier d'une valeur ajoutée communicationnelle presque immédiate. Les nouveaux arrivants bénéficient eux d'un terrain déjà défriché et de collaborateurs plus réceptifs. Le DDD 2.0 occupe ainsi des postes de plus en plus proches de la direction générale, et dispose presque systématiquement, dans les grandes entreprises, d'un département ad hoc. Chez Gaz de France, ce sont près
de 20 personnes qui travaillent au département DD, réparties en trois délégations : la délégation de l'environnement, la délégation responsabilité sociale et économique, et la délégation qualité, qui pilote le management DD et le reporting au sein du Groupe. Une véritable gouvernance RSE, qui nécessite des ressources humaines toujours plus importantes. Une fois n'est pas coutume, les formations supérieures ont su répondre à la demande, à travers la création de nombreuses formations spécialisées [voir encadré ci-contre]. Le profil des candidats en a été nettement renouvelé. Les « M. Qualité » et « Mlle Communication », souvent recrutés en interne, ont fait place à de jeunes professionnels, formés spécifiquement aux métiers du développement durable, et dont la culture RSE est sensiblement plus développée.
Infiltrés dans la fourmilière, sans cesse plus nombreux, les départements DD sont désormais armés pour s'attaquer au noyau dur de la forteresse entrepreneuriale : l'interne.
Car curieusement, les entreprises ont fait les choses à l'envers. Elles ont longtemps accordé le plus grand soin à limiter les externalités négatives inhérentes à leurs activités, tout en ayant les pires peines à s'attaquer à la révolution de leurs pratiques quotidiennes. Il est vrai que celles-ci, peu visibles, ne représentaient pas un véritable enjeu dès lors que le DD ne renvoyait qu'à des problématiques d'image.
A l'heure où la crise interroge nos entreprises sur leur manque d'éthique et de transparence, celles-ci semblent avoir enfin pris conscience de la nécessité d'intégrer – et plus seulement de manière ostentatoire – les principes de durabilité. Bilan carbonetm, promotion de la diversité, Agenda 21, vigilance renforcée sur la santé/sécurité au travail, formations au DD... Si les budgets se sont quelque peu resserrés ces derniers mois, le DD n'a pas été sacrifié sur l'autel de la crise. Et pour cause, il permet de réaliser des économies substantielles ! Les solutions d'économies d'énergies ont, paraît-il, le vent en poupe ces temps-ci...
[2] Directeurs du développement durable.
Capacités au management et à la gestion de projets, bonne maîtrise des enjeux économiques, sociaux et environnementaux du secteur d'activité de la structure hôte, ouverture d'esprit, éthique personnelle, faculté à faire passer ses idées à l'intérieur comme à l'extérieur de l'entreprise, bonne connaissance des référentiels internationaux en matière de développement durable (SD 21000, GRI, Agenda 21, Iso 26000...), maîtrise des systèmes de management en général (qualité, hygiène, sécurité, environnement : QSE, HQSE-Iso 14001), bonne connaissance de la réglementation française (loi NRE, loi sur la sécurité financière) et internationale (loi Sarbanes Oxley...).
Un bac + 5 en économie, sociologie, communication, management, gestion, couplé à un 3e cycle spécialisé « Développement durable » ou « Environnement » est très apprécié. Ci-dessous, les cinq meilleures formations spécialisées selon le classement SMBG 2009 :
Master Management du développement durable de HEC
Master Management stratégique du développement durable du Ceram Business School
MBA Management opérationnel et performance durable de l'ISC Paris
Master Ingénierie et gestion de l'environnement de l'école des Mines de Paris
Master Management de la responsabilité sociale de l'entreprise de l'IAE Gustave Eiffel
Selon l'étude de placement réalisée par HEC concernant la promotion 2006 du Master développement durable, les salaires d'embauche (bruts) sont répartis ainsi :
Salaire annuel inférieur à 35 001 € : 42,8 %
Salaire annuel compris entre 35 001 et 39 500 € : 14,3 %
Salaire annuel entre 39 501 et 45 000 € : 28,6 %
Salaire annuel supérieur à 45 001 € : 14,3 %
Cette étude concerne toutes les fonctions occupées dans différents secteurs d'activité et pas uniquement les recrutements pour le poste de directeur développement durable.
Site dédié à la recherche d'emplois liés à l'environnement. Près de 1 000 offres d'emploi en permanence, et des fiches métiers bien conçues, pour ceux qui cherchent encore leur voie !
Travailler pour le développement durable
de Carine Guicheteau, 2e édition, édité par Studyrama
Cet article est paru dans Interdépendances n°76 - 1er trimestre.
économie sociale et solidaire
commerce équitable
politique
développement durable
insertion
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entrepreneur social
ess
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VIH-sida
exclusion
solidarité
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entreprise
coopérative
écologie
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mutuelles
handicap
Chaque trimestre, découvrez dans le magazine papier des offres d'emploi dans le secteur de l'économie sociale et solidaire.
Réaction de RIPOSTE VERTE le 09/06/2010 à 15:46
L'observatoire de l'éco-responsabilité tertiaire a lis en ligne son enquête sur la gouvernance environnementale des acteurs tertiaires.
Les résultats et l'analyse détaillée sont disponibles ici : http://www.riposteverte.com/observatoire/gouvernance.php
Cyril Hergott
Directeur du développement
www.riposteverte.com