Fabrice, Isabelle, deux parcours vers l'insertion
Chez Id'ees 21, j'ai bossé sur une chaîne d'emballage pour la fromagerie Bel. Je travaillais bien, et j'ai fini par être responsable d'un atelier. Je surveillais, quoi. J'ai aussi fait un peu de déménagements. En tout, je suis resté dix-huit mois chez Id'ees 21. En prison il ne faut pas perdre les bonnes habitudes. Je travaillais là-bas, comme magasinier. Mais quand j'ai repris le travail chez Id'ees 21, les premières semaines ont été dures. Pendant quatre ou cinq mois j'étais en semi-liberté : je me réveillais en prison, je partais travailler et je rentrais le soir. C'était dur de se lever. Et il fallait rentrer à l'heure. Après j'ai continué en conditionnelle, j'ai pu rentrer chez moi.
En tout cas Id'ees 21 est une très bonne boîte d'insertion, vraiment. Dommage qu'il n'y en ait pas plus. L'encadrement était très bon. Ils passaient régulièrement dans l'atelier, voir si on faisait bien les quotas. On était beaucoup à sortir de prison. Ce n'était pas désagréable, tout le monde s'entendait bien. Bon, le salaire n'était qu'au Smic.
J'étais encore chez Id'ees 21 quand j'ai trouvé mon poste de chauffeur-livreur. Aujourd'hui, à bientôt 43 ans, j'ai la santé, un bon salaire, un bon patron, je suis un homme heureux ! Heureusement que des bonnes personnes, chez Id'ees 21, m'ont aidé à sortir de prison. La prison, pour la réinsertion, je ne suis pas sûr. La détention ça devrait être un peu plus dur mais beaucoup moins long. Avec des peines de vingt ans de prison, on fabrique des sauvages ! C'est mon avis. Voilà. Vous voulez savoir où je suis ? J'arrive près de Belfort. Oui, dans la région où a eu lieu le petit séisme hier. Oui, oui, je vais essayer de ne pas tomber dans une faille... De toute façon, moi, je suis déjà tombé au fond du trou, je ne compte pas y retourner ! »
Isabelle, 28 ans, vient de finir son service dans une brasserie dijonnaise. « Je suis serveuse, depuis deux ans. Je travaille tous les midis, du lundi au vendredi. Avant d'avoir ce travail je suis passée par Id'ees 21. J'étais au chômage. Depuis six mois. Une amie travaillait chez Id'ees 21, j'ai pris contact et j'y suis rentrée. Je ne trouvais pas de travail, alors tant qu'à faire... Quand on n'a pas de boulot, on prend n'importe quoi. Avant ça j'avais tout fait, des ménages, du baby-sitting... Je n'ai pas de diplôme moi.
Au départ chez Id'ees 21 il y a un suivi, pour voir si tout va bien. Ils expliquent bien comment une boîte d'insertion fonctionne. Et ils étaient toujours là quand j'avais un petit coup de blues. Je suis restée deux ans chez eux. Je préparais des repas pour des cantines, j'étais aussi serveuse en cafétéria. Pour moi Id'ees 21, ça a été utile. Mais maintenant, je n'en aurai plus besoin. Je suis bien, ça va. »
Cet article est issu du dossier Insertion par l'économique - "Les maux de l'emploi" paru dans Interdépendances n°53 - 2e trimestre 2004.
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