Imagination, innovation, conviction

Editorial d'Interdépendances n°55, par Jean-Marc Borello

« La raison, c’est l’intelligence en exercice.

L’imagination, c’est l’intelligence en érection. »

Victor Hugo.

Innover en permanence pour créer de nouvelles institutions face à de nouveaux besoins, là est notre histoire. Premier numéro d’appel gratuit, première structure pour parents et adolescents, postcure pour mineurs, communauté thérapeutique, Sleep In… Autant d’institutions imaginées et mises en place pour une population qui évolue sans cesse.

Initiative et imagination doivent rester au pouvoir, la pertinence de ces créations n’étant que le résultat de la qualité d’écoute des besoins des usagers.

S’adapter en permanence aux besoins des usagers, prendre en compte l’évolution des politiques publiques et de la réglementation est le quotidien de l’association SOS Drogue International depuis vingt ans.

Mais l’on ne peut se contenter de ce rôle. Si l’action des professionnels et des militants ne consistait qu’à épouser au mieux les méandres de ces injonctions souvent paradoxales, l’ambition serait pauvre et les résultats modestes.

Techniciser les équipes de soins, médicaliser les institutions, mieux former les intervenants sont des impératifs pour maintenir une offre de soins cohérente et adaptée aux besoins, mais il ne s’agit là que du minimum de ce que nous devons faire, notre ambition a toujours été plus large et doit le rester.

Par ailleurs, au moment où la Mildt publie son plan quinquennal, nous ressentons l’indispensable travail de conscientisation du grand public et des décideurs. Chaque organisation décide de peser sur cet aspect à sa manière. L’agitation politique et les coups médiatiques de certains sont très utiles et permettent de braquer les projecteurs sur les injustices. De l’abbé Pierre à l’association Droit au logement, d’Act Up au Comité des sans papiers, tous ont permis d’aiguillonner les consciences.

En ce qui nous concerne, notre pédagogie est celle du quotidien. Travailler avec les riverains afin qu’ils acceptent l’implantation d’un nouveau centre de soins, participer aux débats publics, peser d’un point de vue supposé expert sur la politique publique, faire les cent pas dans les antichambres ministérielles pour convaincre les locataires du moment ; tout ça pour faire valoir les droits de ceux dont nous avons la charge.

Ce qui guide notre action auprès des usagers de drogue, c’est le bonheur de voir l’autre quitter la dépendance, c’est-à-dire en fait notre propre amour de la liberté.

Jean-Marc Borello

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Cet article est issu du dossier SOS Drogue International - Vingt ans d'engagement paru dans Interdépendances n°55 - 4e trimestre 2004.

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