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Meilleurs voeux

Editorial d'Interdépendances n°48 par Jean-Marc Borello

A nos lecteurs bien sûr, aux salariés et aux militants du Groupe SOS et à leurs collègues, bénévoles et professionnels engagés du monde de l'économie sociale.

A ceux des fonctionnaires qui, depuis leur place, continuent à se dévouer au service du public et plus particulièrement auprès de nos concitoyens les plus en difficultés.

Meilleurs vœux à ceux qui résistent au « politiquement correct », au « sanitairement correct », au « sécuritairement correct », à ceux qui sont fiers et qui continuent de porter haut la priorité de leur conception des Droits de l'Homme.

A ceux qui bâtissent, en sachant que seuls ceux qui ne font rien seront épargnés.

Aux politiques de tous bords qui rêvent et agissent pour que le monde soit moins injuste.

Meilleurs vœux à Jean-Luc Romero pour ses combats courageux, à Didier Jayle et à son équipe de la MILDT, aux fonctionnaires de la Protection judiciaire de la jeunesse qui continuent à être des éducateurs avant tout, et qui se sentent bien seuls.

Meilleurs vœux à Jean Glavany, ministre efficace et courageux qui fut de tous nos combats.

Meilleurs vœux à Nicole Maestracci et à Sylvie Perdriolle, qui ont fait un travail remarquable et dont l'avenir professionnel proche nous permettra de savoir si le talent et le dévouement au service de l'Etat sont encore reconnus.

Meilleurs vœux à ceux qui subissent l'injustice, victimes de la médiocrité, de la jalousie et d'une époque qui dresse des bûchers à tous les coins de rue pour se débarrasser de ses propres démons.

Et puis il y a les autres, ceux dont il est de bon ton de ne pas parler.

Les petits fonctionnaires médiocres qui rêvent de revanche, ceux qui confondent la grandeur de servir avec la servilité, les hauts fonctionnaires qui pensent briller par leur zèle au service du politique et qui, pour être dans le vent, auront un destin de feuilles mortes.

Ceux qui, à force de ne pas avoir d'états d'âme, n'ont plus d'âme, les politiques qui ont servi le groupe de pression de l'alcool et qui voteront l'aggravation des sanctions pénales contres les automobilistes en état d'ébriété.

Ceux qui proposent de lutter contre le racisme et qui soulèvent leurs électeurs contre l'arrivée de centres d'accueil pour SDF dans leurs communes.

Les lâches de toutes sortes, ceux qui nuisent à la dérobée, ceux que l'on est fier d'avoir comme ennemis. Qu'ils sachent que je ne leur souhaite rien de bon.

Meilleurs vœux à la démocratie sanitaire, à la lutte contre les discriminations dans les entreprises, à l'intégration des personnes handicapées.

Meilleurs vœux à l'abolition de la double peine, à la reforme du droit d'asile, à la politique de réduction des risques et des dommages.

Meilleurs vœux à une certaine utopie que nous sommes fiers de poursuivre.

Jean-Marc Borello

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Cet article est paru dans Interdépendances n°48 - Janvier 2003.

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