Les ONG Peuvent elles changer le monde ? Lobbying et influence des ONG sur la scène internationale
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Editorial d'Interdépendances n°56, par Jean-Marc Borello
À ceux qui sont persuadés que le monde ne sera que ce que nous en ferons, que rien n'est jamais perdu, que tout combat vaut la peine d'être mené y compris et surtout les petits combats de tous les jours. Bien sûr le combat contre le racisme, l'homophobie, les discriminations, évidemment le combat pour la paix, l'égalité, la fraternité, la liberté, mais aussi, sans doute le plus difficile de tous, le combat contre soi-même. Combattre ses peurs, ses intolérances, sa violence, ses angoisses, n'est pas un luxe introspectif, c'est aussi le seul moyen d'aller vers les autres, sans a priori ni tabou.
Sans admettre la réalité, les salariés et militants associatifs font avec, et, dans la mesure de leurs moyens, contribuent tous les jours à améliorer le sort de ceux qui sont les plus fragiles, à leur rendre espoir et dignité. Mais les actions de lutte contre les exclusions, mêmes si elles sont généreuses dans leurs objets et dans leurs formes, ne se suffisent pas à elles-mêmes, la place depuis laquelle on parle (ou écrit) n'est en rien une garantie de sincérité, pas plus que le sens que l'on essaie de donner aux actions ; seul compte ce que les bénéficiaires y trouveront. Admettons que notre marge d'action est réduite, ne promettons que ce nous savons être capables de tenir !
Meilleurs vœux à ceux qui refusent
Se positionner en qualité de citoyens aussi lorsque l'on est à contre-courant, voter chaque fois que l'on y est convié, douter de tout ce qui semble convenir à tous à un moment donné. Militer en respectant ceux qui militent pour d'autres causes, défendre ses idées sans cesser d'écouter ceux qui pensent autrement, accepter d'être minoritaire sans renoncer à ses positions. Cessons de nous satisfaire de simplifications démagogiques : plus de sécurité, c'est aussi moins de liberté ; moins d'impôts, c'est aussi moins de solidarité. La transparence peut devenir un outil totalitaire et une obligation de renoncer à l'intime, la collégialité peut permettre le recul de la responsabilité personnelle. La réussite sociale, l'individualisme forcené, la capacité de consommation ne sont ni des valeurs, ni même des indices d'épanouissement personnels. Et si l'on reparlait de courage, de générosité, de partage ? Et si l'on prenait de bonnes résolutions ? Et si l'on décidait que 2005 ne sera que ce que nous en ferons ?
Cet article est paru dans Interdépendances n°56 - Janvier 2005.