L'action éducative en milieu ouvert

es services d'action éducative en milieu ouvert agissent sur mandats judiciaires pour assurer la protection de l'enfant au niveau de sa sécurité, de sa santé, de sa moralité, des conditions de son éducation et de son développement. Ils s'attachent aussi à favoriser l'exercice de l'autorité parentale en apportant aides et conseils aux parents. La famille est en effet le premier lieu de protection et d'éducation des enfants. Lorsque ces derniers sont en danger, leur prise en charge passe donc d'abord par un travail sur la cellule familiale. Aider les enfants, c'est avant tout aider la famille à assumer pleinement son rôle, en mobilisant les capacités de tous ceux, parents, grands-parents, frères et sœurs, proches, qui comptent pour ces enfants.

Cette aide ne peut être apportée que dans un climat de respect des personnes. Le rôle des travailleurs sociaux est de bien comprendre qui sont les personnes qui s'adressent à eux, en tant qu'individus, comment elles conçoivent et vivent leur rôle de parents et quelle place elles donnent à leur enfant. Par conséquent, être disponible, ouvert au questionnement, informer, respecter la confidentialité sont quelques-unes des qualités indispensables aux intervenants sociaux pour évaluer au mieux le danger encouru par les enfants et les adolescents et stimuler et soutenir le processus de changement dans leur situation. « Se comporter envers les autres comme on aimerait qu'on le fasse envers soi-même », telle pourrait être la « loi » qui devrait régir les relations entre les intervenants sociaux et les parents.

Si l'action de protection judiciaire des mineurs est couverte par le secret professionnel, l'intervention doit cependant reposer sur la transparence, quand bien même existent des différences de point de vue entre les intervenants et les membres de la famille. La loi interdit actuellement de transmettre aux familles la copie des rapports adressés au juge en cours et en fin d'intervention. Néanmoins, la transparence des écrits est la plupart du temps souhaitable pour la réussite de l'intervention. Etre capable de mettre en œuvre un dispositif permettant aux familles de prendre connaissance de ces écrits, des échanges entre professionnels et contacts divers les concernant, tout en garantissant la confidentialité des données nominatives, en s'appuyant sur le juge pour les points les plus sensibles, fait partie des initiatives que doit savoir prendre toute équipe d'intervention.

Ce travail, entrepris pour le bénéfice des enfants, repose donc tout autant sur l'engagement des parents et/ou des proches que sur celui de l'équipe de prise en charge : sa réussite dépend d'une véritable implication des deux parties autour d'un objectif commun, la disparition des éléments de danger énoncés initialement par le juge.

Alain Grevot

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Cet article est paru dans Interdépendances n°49 - 2e trimestre 2003.

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