Un dispositif d'hébergement développé mais insuffisant

Quel toit pour les femmes sans-abri ?

Les solutions d'hébergement pour les femmes sont variées. Il existe des toits pour femmes seules, mixtes ou non, selon la problématique de chacune. Même si là encore, les mères sont celles quitrouvent le plus facilement un abri, les formules se diversifient.

Un centre d'hébergement pour mères avec enfants, un foyer ouvert aux sans-abri des deux sexes, un autre pour jeunes couples... Selon leurs problématiques, les femmes sans-abri peuvent compter sur des lieux très divers en France. Toutefois les réponses apportées par les associations ne coïncident pas systématiquement avec leursbesoins.

Les mères isolées ont accès à des solutions nombreuses. Selon l'âge des enfants, les centres d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) et les centres maternels peuvent les accueillir à travers tout le territoire – même s'il existe des disparités selon les régions. Au bureau de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars), Anne-Marie Poulain juge globalement que « si le dispositif pour femmes avec enfants n'est pas suffisant, il est tout de même plus développé que pour le reste du public ». Il reste que ce type de structures peut être confronté à un dilemme : faut-il d'abord encourager la qualité du lien entre la mère et son enfant, ou bien faut-il plutôt l'aider à trouver un emploi et une indépendance ? Globalement, à la Fnars, Claire Beauville et Stéphane Tartinville jugent qu'on « a tendance encore à enfermer la femme dans l'activité de mère au foyer, et l'homme dans celui de travailleur à l'extérieur. Il résulte que les femmes, comme mères, bénéficient d'une facilité à l'hébergement, mais qu'à l'inverse elles peuvent se retrouver défavorisées par rapport aux hommes quant aux possibilités d'aide à l'insertion professionnelle » (1).

Un toit mixte ?

Il est difficile d'envisager la mixité dans ces centres pour parents isolés. Surtout si les femmes accueillies ont connu des violences conjugales. Exemple au Foyer Louise-Labbé, un CHRS parisien qui héberge des mères fuyant un compagnon agressif : comme l'explique sa directrice Vera Albaret, « l'homme devient généralement plus violent encore lorsque sa femme quitte le couple, et cela peut aboutir à des meurtres. C'est pourquoi ce lieu est conçu comme un refuge pour les femmes. On ne peut donc pas admettre que les hommes viennent ici. Ils restent sur le pas de la porte. »

En revanche, pour les femmes seules, les centres d'hébergement ont été un certain nombre à s'adapter au nouveau statut d'égalité entre les sexes proclamé autour des années 1970. La mixité a pu ainsi progresser. Parmi les nombreux centres réservés aux hommes, plusieurs ont pu dégager une partie de leurs surfaces pour l'hébergement des femmes, par exemple. Dans ces lieux mixtes, les femmes seules ont a priori un même accès aux aides à l'insertion professionnelle.

Pour autant, cet accueil indifférencié ne convient pas forcément aux femmes touchées par la précarité. Victimes de violences masculines, à la maison ou encore à la rue, la cohabitation avec les hommes peut être un obstacle à la reconstruction de soi. Ou même représenter un danger. Le Sleep In ouvert par SOS Drogue International à Paris en est un exemple (cf. interview p. 12). Pour l'heure, peu de centres en France sont réservés aux femmes seules – Anne-Marie Poulain ne connaît que l'AIEM (Association d'information et d'entraide mosellane), à Metz, et pense que « ces prochaines années, de telles expérimentations seront sans doute de plus en plus nombreuses. »

L'hébergement en couple

Une autre situation est encore insuffisamment prise en compte par les centres d'hébergement : celles des couples. A Paris, Brigitte Chatoney a pu en faire le constat. « Je travaillais dans un centre maternel, naturellement réservé aux mères seules. Et une jeune femme m'a un jour fait la remarque : c'est bien le centre maternel, mais mon compagnon ne pouvant pas habiter ici, notre couple a fini par casser... » Brigitte Chatoney a alors fondé une association pour l'hébergement des jeunes couples, Aire de famille. Ouverte en mars 2004, la structure qu'elle dirige désormais accueille en studio-relais, puis en HLM, en s'efforçant de « reconnaître et redéfinir la place du père ».

Ainsi, si les lieux d'hébergement répondent d'abord aux besoins des mères seules, les solutions semblent donc sur le point de se diversifier pour les femmes en précarité.

Olivier Bonnin

(1) Femmes sans domicile, Claire Beauville et Stéphane Tartinville, Recueils et documents, Fnars, janvier 2001.

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Réaction de marie3346 le 02/07/2009 à 07:06

La prise en femme des femmes seules est un problème qui me concerne car je recherche depuis 3 ans à regagner ma région natale : le Nord pour m\\\'y réinstaller défitivement.
Or, le problème qui se pose est le suivant : J\\\'ai 58 ans, je vis seule, je n\\\'ai plus d\\\'enfant à charge, j\\\'ai un logement sur Poitiers, une petite voiture d\\\'occasion, je perçois le RSA mais je n\\\'ai plus de travail, étant \\\"bors région\\\" je ne suis pas \\\"prioritaire\\\" et mes nombreuses demandes de logement en HLM ne sont pas suivies. Résultat : je ne sais plus que faire, ni où m\\\'adresser.
La famille qui me reste en région 59/62 ne souhaite pas m\\\'accepter chez eux, par conséquent, j\\\'essaie de trouver un hébergement provisoire de manière à \\\"forcer\\\" un peu la main aux HLKM afin que ceux-ci s\\\'occupent de ma demande d\\\'appartement social.
Pour y parvenir, je suis prête à vendre mes meubles, à faire les 650 kms (environ) qui me sépare du Nord... mais qui entendra mon appel ?
Si vous avez une solution, une adresse à me proposer, merci de tout coeur de prendre contact, soit par email, soit au téléphone : 05 49 18 24 39

Je garde espoir...

Cet article est issu du dossier L'exclusion au féminin paru dans Interdépendances n°57 - 2e trimestre 2005.

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