Editorial d'Interdépendances n°57, par Jean-Marc Borello
Le petit peuple des précaires reproduit les dysfonctionnements de l'organisation sociale ; caïdat, racisme, sexisme, tout y est et cette situation est aggravée chez les femmes qui le plus souvent affrontent la précarité sociale avec la seule responsabilité que personne ne conteste, celle de la garde des enfants. De fait, les possibilités d'hébergement des dispositifs précarités offrent souvent plus de places à des femmes a fortiori accompagnées de leur(s) enfant(s). Mais, si l'on privilégie le rôle de mère, les possibilités d'insertion ou de réinsertion sont moins nombreuses et variées que pour les hommes dans la même situation.
Concernant les structures d'accueil mixtes à bas seuil, l'expérience démontre la difficulté des équipes à protéger efficacement les femmes dans des établissements souvent sous dotés en personnel et où la population est à 80 % masculine. Enfin, le travail de proximité mené par les équipes de Ni putes ni soumises démontre si besoin est que la plupart des violences faites aux femmes le sont dans un cadre familial à l'abri des regards et que la majorité d'entre elles n'ont pas d'accès aux structures spécialisées qui pourraient leur venir en aide. La secrétaire d'Etat chargée de l'exclusion a annoncé la création de lieux d'accueil spécifiques. Sur le terrain, ces promesses tardent à se concrétiser. Si l'égalité des droits dans la population générale peine à se mettre en place, nous devons exiger pour les femmes en situation de précarité une égalité des droits minimums, et cela immédiatement.
Cet article est paru dans Interdépendances n°57 - 2e trimestre 2005.
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