L'accès à l'emploi
- la séropositivité s'accompagne souvent d'une situation de détresse et de précarité sociale (revenus inférieurs à 650 euros par mois pour environ 60 % des personnes) ;
- les 3/4 des personnes séropositives inactives souhaitent reprendre ou initier une activité professionnelle ;
- l'activité professionnelle modifie la place de la maladie et de la demande de soins ;
- elle serait un vrai facteur de resocialisation, de reconstruction identitaire et de valorisation de soi.
Ces constats ont permis de dégager trois groupes :
- les personnes ayant gardé un emploi, pouvant bénéficier des dispositifs de reconversion, d'adaptation des postes, de mise en place de temps partiels thérapeutiques ;
- celles qui ne se posent pas la question de l'emploi en raison de leurs conditions de santé et/ ou qui bénéficient d'un environnement socio-économique ou familial favorable ;
- celles qui souhaitent, pour des raisons financières et/ ou de reconstruction des liens sociaux, reprendre ou initier une activité professionnelle. L'accompagnement vers l'emploi de personnes séropositives doit en priorité s'orienter vers ces dernières.
Grâce aux progrès thérapeutiques, les conditions de vie des personnes séropositives se sont améliorées et leur espérance de vie s'est allongée. Les difficultés sociales sont alors devenues la première cause d'exclusion dans le milieu du travail. L'enquête sur les obstacles à l'emploi effectuée par Mille Horizons en 2002 identifiait comme difficultés principales la fatigabilité physique irrégulière ainsi que la fatigabilité due à l'agression de l'environnement sociétal. L'accompagnement des personnes séropositives vers l'emploi doit être la rencontre entre l'histoire, les acquis, les souhaits, la situation de santé de l'individu, avec les facteurs sociaux, administratifs et politiques de l'environnement dans lequel il se situe.
Les dispositifs de droit commun censés faire le lien entre l'emploi et le handicap existent (3), mais les critères d'intervention des organismes sont parfois contradictoires, ce qui ne facilite pas la tâche des médecins traitants ni celle des travailleurs sociaux. La coordination entre l'accompagnateur et l'équipe soignante est donc fondamentale pour vérifier la faisabilité du projet et favoriser sa pérennité. Un soutien psychologique de la personne est également essentiel pour diminuer le mal-être souvent inhérent à la séropositivité.
De manière générale, un programme national soutenu par Sidaction et l'Union des associations de lutte contre le sida (Unals) à travers des associations implantées dans les régions les plus touchées peut faciliter l'évolution de certaines politiques, pour mieux répondre aux besoins. Les collectivités territoriales pourront agir, à travers la formation professionnelle ou l'insertion. Nous attendons aussi de la loi sur le handicap un soutien réel à l'accès à l'emploi des personnes séropositives.
et le VHC et a mis en place 100 projets individuels de formation et/ ou d'emploi.
Cet article est paru dans Interdépendances n°57 - 2e trimestre 2005.
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