Soins palliatifs : humaniser la fin de vie

La fin de la vie du fait de maladies évolutives interroge notre société à de multiples niveaux : celui des conditions d'accès aux soins, en particulier pour les personnes peu informées ou démunies ; celui de l'hébergement de personnes très dépendantes pour une durée imprévisible par nature ; celui de définir une juste médicalisation, alors que les soins curatifs sont devenus inopérants ; enfin celui du respect de la personne quels que soient ses convictions et son état psychique.

La création, au sein du Groupe SOS d'une unité de soins palliatifs nouvelle, classée soins de suite et de réadaptation, donc de moyen séjour, vient participer à cette priorité de santé publique.

Cette unité complète un dispositif comprenant les soins réalisés dans le système libéral, dans les hôpitaux, mais aussi dans les appartements thérapeutiques et toutes les structures du Groupe SOS. Cet établissement est particulièrement dédié aux personnes atteintes par le VIH, mais aussi à celles vivant dans la précarité, ainsi qu'à tous les patients atteints d'une maladie grave en phase avancée ou terminale.

L'objectif de cet établissement est de travailler en complémentarité avec les partenaires déjà en charge de ces patients et d'apporter aux malades les plus complexes, les soins et la sécurité nécessaires.

Ce lieu magnifique et chaleureux cherche à créer une ambiance familière, proche de la maison, et à répondre aux besoins de chacun en imposant le moins possible de contraintes liées au fonctionnement de l'établissement.

Des bénévoles représentent l'attention portée par la société civile à cette phase de la vie. Ils assurent une présence et une écoute pour ceux qui le désirent et une aide dans la vie quotidienne.

Mais la qualité de l'hébergement et de l'accueil ne résume pas les besoins de la personne gravement malade, proche de la mort. Les événements récents ont montré l'importance d'une éthique claire et d'un encadrement attentif de toute l'équipe soignante.

Les traitements des symptômes, en particulier de la douleur, s'imposent, de même que les soins du corps, l'hygiène et la réponse aux besoins fondamentaux, en évitant tout excès thérapeutique.

L'accompagnement des personnes malades ne cherche pas à guider vers une « bonne mort » ou vers une « mort pacifiée » comme modèle pour tous, mais à respecter chacun dans sa façon d'être et de vivre ce temps. La peur, l'angoisse, le déni ou la prise de conscience lucide nécessitent une écoute, une disponibilité, d'autant plus que chaque patient évolue dans des sentiments souvent contradictoires et variables d'un jour à l'autre. Même si ses paroles évoquent sa mort prochaine, sa lassitude de la vie, ou une demande de mort, les soignants répondent par un soutien attentif et une présence rapprochée, car nous savons l'ambivalence des malades balancés entre des forces de vie et de mort.

Dr Gilbert Desfosses,

directeur de l'unité de soins palliatifs

« La Maison sur Seine » (SOS Habitat, Soins)

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Cet article est paru dans Interdépendances n°49 - 2e trimestre 2003.

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