Premier forum national du commerce équitable : les participants réagissent

« Le Forum peut devenir un rendez-vous incontournable »

« Les collectivités ont besoin de plus d'informations sur la filière équitable, sur les labellisations, et d'outils pour aider à la mise en œuvre. Par exemple, nous avons peu de fournisseurs capables de nous fournir en volume et connaissons aussi un problème de prix. Qu'il y ait un surcoût, cela fait partie de la volonté politique de l'assumer, mais quand il est trop important, c'est difficile de le faire accepter. Il y a un travail à réaliser avec les filières : lorsque nous avons des volumes conséquents, les prix doivent rester compétitifs, tout en garantissant les valeurs inhérentes au commerce équitable. »

Jean-Philippe Magnen, conseiller municipal délégué au commerce équitable à Nantes, chargé de l'économie sociale et solidaire à Nantes métropole.

«Il s'agit de passer de la niche au marché. La mise en place de politiques d'achats responsables va permettre de dynamiser certaines filières. Les échanges d'expériences ont pu prouver que l'équilibre économique pouvait se créer : le respect de l'éthique et de l'environnement ne relève pas uniquement d'un acte militant, c'est aussi se soucier de la performance de son entreprise ou de la cohérence de son message politique quand on est un élu. »

Nicolas Blanc, responsable des relations avec les entreprises au Comité 21, Comité français pour l'environnement et le développement durable.

« Les acteurs du commerce équitable ne se confrontent pas assez aux contraintes des élus, des collectivités locales ou des responsables achats des grandes entreprises. Ce forum leur a sans doute permis de mieux les comprendre. Ce type de manifestation permet de professionnaliser l'ensemble de la filière. »

Pascal Canfin, journaliste à Alternatives Économiques.

« Notre rôle lors de ce Forum a été notamment d'informer les collectivités sur les objectifs du commerce équitable : il ne s'agit pas d'un prix plus ou moins élevé, mais d'un prix juste. Cela demande des efforts, mais elles commencent à prendre en compte la question des achats responsables. »

Isabelle Plouchard, présidente de la Plateforme pour le Commerce Équitable.

« Nous avons parlé de la distribution avec les différentes personnes qui travaillent sur le Brésil. Nous avions déjà établi des collaborations ensemble, mais là, nous avons eu le temps de nous caler sur un certain nombre de choses. Par ailleurs, la fréquentation du stand n'a pas désempli. Il y avait une vraie demande du public et je pense que le Forum peut devenir un rendez-vous incontournable. »

Jérôme Schatzma, gérant de la société Fair Planet (Tudo Bom ?).

« Les produits du commerce équitable, comme le café, ne représentent qu'une part infime de nos acquisitions. Notre le-vier est surtout la sensibilisation et l'information des salariés, par exemple, au siège, nous avons remplacé le café par du café équitable. Nous en profitons pour dénoncer certaines idées reçues : je leur explique qu'il ne s'agit pas là de charité, mais de commerce. »

Dina Ait-Younes, chargée de mission développement durable à la direction des achats du groupe Lafarge.

« Cela nous a permis d'avoir une vision plus large du monde du commerce équitable. Nous avons été très surpris par l'éclectisme des produits et des gens présents, de cette diversité allant de l'acteur du développement dans les pays du Sud au vendeur de vêtements branchés. Je ne me rendais pas compte qu'une telle offre existait. »

Stéphane Comar, cofondateur de la Scop Ethiquable.

« Nous avons mis en avant tout ce qui était consommation hors domicile. Cela peut concerner des sociétés de restauration collective, le CHR (café hôtel restaurant), les collectivités, etc. Ce genre d'acteurs peut générer des volumes pour les producteurs. C'est aussi une façon de modifier les pratiques de l'entreprise et/ou de la collectivité. Nous sommes sortis du milieu associatif militant pour aller vers un public de professionnels. C'est intéressant d'ouvrir le commerce équitable à une sphère d'acteurs plus large. »

Catherine Mounier, chargée de communication, Max Havelaar France.

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Cet article est paru dans Interdépendances n°58 - 3e trimestre 2005 2005.

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