Quarante ans de politique sociale au service du salarié
statut de coopérative qui en fait l'originalité.
Ces résultats sont loin des réalités des années de création. Fondée en 1964 par Georges Rino, actuel président d'honneur de la Fondation Groupe Chèque Déjeuner, la coopérative a vu le jour grâce à quelques hommes syndicalisés. Ils œuvraient pour la défense des salariés afin de répondre à un nouveau besoin, celui de pouvoir se restaurer dans de bonnes
conditions le midi. Avec 10 000 francs en poche, ils ont lancé ce qui s'appelait à l'époque, le chèque postal restaurant. Mais le plus difficile restait à faire : convaincre les restaurateurs, développer des réseaux, etc. Tout était ensuite allé très vite avec l'ordonnance du 22 septembre 1967 qui allait donner un cadre légal au fonctionnement du titre restaurant.
Ce n'est plus de gestion « familiale » dont il s'agit aujourd'hui. Après Accor avec son Ticket restaurant, le groupe se place en deuxième position sur le marché du titre restaurant. Il a gardé ce statut de coopérative et continue de promouvoir toutes les valeurs véhiculées par ce type d'entreprise. « Chèque Déjeuner doit sa réussite à son statut de coopérative. Les salariés sont extrêmement impliqués. Ils travaillent pour leur avenir et sont capables de déployer leurs talents pour la pérenniser », explique Pascal Dorival, directeur général de Chèque Domicile, filiale du groupe.
Le management est en effet fondé sur la responsabilité des salariés. Dès son entrée dans la société, il est parrainé par un autre membre qui lui transmet les valeurs coopératives. Le principe de Scop implique aussi une gestion démocratique : les salariés participent tous à l'assemblée générale où chacun possède une voix et est donc « propriétaire » d'une partie de l'entreprise. Le partage des bénéfices est équitable ; chaque sociétaire perçoit la même somme, de l'assistante au p.-d.g. Ce dernier est élu pour quatre ans. Et en quarante ans d'histoire, l'entreprise n'a d'ailleurs connu que deux présidents ! Un fait assez rare pour une société de cette envergure...
Tous les membres du Groupe ne sont cependant pas soumis au régime de la coopérative, seul Chèque Déjeuner y adhère (275 personnes en France et 360 à l'étranger). Les 31 filiales sont des SA traditionnelles, mais bénéficient de quarante ans de politique sociale du groupe : 35 heures depuis 1986, budget de formation supérieur à ce qu'impose la loi, budget pour les œuvres sociales, mutuelles, etc. Avec comme maîtres mots, la solidarité, la proximité et l'égalité. Ces notions, il les loue également en dehors de l'entreprise : il soutient le commerce équitable, lutte contre l'illettrisme et offre des repas aux Restos du Cœur via son opération Chèque Réveillon.
Depuis 1995, le groupe, à l'écoute des besoins de la population, développe sa stratégie de création et d'acquisition d'entreprises. En France, mais aussi à l'étranger. Chèque Déjeuner a effectivement exporté ses qualifications en Italie, en Espagne, en République Tchèque, en Slovaquie, en Hongrie, en Pologne, en Roumanie et en Bulgarie. « Nous avons choisi d'axer notre développement sur les marchés des pays d'Europe Centrale, expliquait Jacques Landriot en mai dernier, lors de la présentation des résultats. Ces pays ont un fort potentiel de développement et de grands besoins d'amélioration de leur vie quotidienne. Or, nos produits sont synonymes, pour leurs bénéficiaires, de coup de pouce au pouvoir d'achat. » Un marché en forte progression, mais dont le volume d'affaires demeure encore peu important.
Afin de renforcer son savoir-faire, le groupe s'est aussi orienté vers le domaine du service et peut désormais s'enorgueillir de présenter une offre riche et variée : soutien scolaire, expertise de marché, sécurité des transports, services à la personne, etc. (2).
Le secteur des titres du groupe, véritables monnaies sociale et culturelle, reste le plus connu et le plus porteur. Après Chèque Déjeuner, l'entreprise se dote de filiales parmi lesquelles, Chèque Domicile, Chèque Disque, Chèque Lire, Chèque Cadhoc, Chèque de Services, Chèque Culture. Ce dernier titre, né en 2004, vient officiellement d'être lancé avec son réseau de 500 prestataires en France. Le Chèque Culture, totalement libéré des contraintes Urssaf liées au chèque-cadeaux, permet aux entreprises d'offrir à ses salariés « un produit dans l'air du temps, selon Christine Kotala, directrice de communication du groupe. Avec le phénomène des 35 heures, les familles sortent davantage et dépensent plus d'argent pour les sorties culturelles », ajoute-t-elle. Des créations et des changements toujours en adéquation avec l'évolution des comportements. Pour exemple, le Chèque Cadhoc. Face à la forte demande du public à la recherche d'un chèque-cadeaux multi-enseignes, le groupe vient d'annoncer que le Chèque Cadhoc (30 000 magasins en France) pourrait désormais être acquis directement par le particulier, sans passer par la case entreprise.
Enfin, l'autre fer de lance de Chèque Déjeuner est celui de la défense du Chèque emploi service universel (Cesu), mesure du projet de loi de Jean-Louis Borloo actuellement en discussion et qui vient juste d'être présentée aux ministres (3). « Le Cesu permettra de payer directement les prestataires de services et non plus les employés de maison. Je pense que c'est un meilleur service à la personne car il engendre une politique de formation permettant également de faire respecter le droit », certifie Pascal Dorival. Un nouveau plan de développement signé par le directeur de Chèque Domicile qui planche aussi sur ce sujet. Selon lui, cette mesure professionnaliserait et qualifierait le service. Toujours avec cette attention particulière prônée par le groupe, celle du bien-être du salarié.
(2) Pour plus de détails, consulter le site Internet du groupe : www.groupe-cheque-dejeuner.com
(3) A l'heure où nous imprimons le magazine, nous ne sommes pas en mesure de pouvoir communiquer les résultats des débats.
Savez-vous qu'une certaine mutuelle se permet de mettre fin aux contrats assez facilement ?
Bel exemple d'économie sociale et solidaire. Elle ne mérite pas d'être classée dans cette catégorie.
Vous vous demandez qui c'est ? A vous de faire votre travail de journaliste.
Pourquoi tant de souffrance physique et psychique au travail ?
L'économie sociale, c'est l'avenir.
Une entreprise, c'est avant tout un groupement de personnes qui décident chaque jour de mettre leurs connaissances et leurs compétences en commun. Alors comment ce fait-il que ces mêmes personnes ne soient pas responsables de leur investissement quotidien ?
Une économie équitable, durable et solidaire, voilà la solution de cette fameuse crise. Des milliards d'euros reversés aux entreprises ou aux banques en difficultés ne fera que retarder une prochaine crise bien plus importante.
Je pense sincèrement qu'il faut redéfinir les bases de l'économie, puisque le profit n'engendrant que du profit ne mène pas nécessairement à une avancée sociale.
Christophe, un utopiste futur réalliste et sociétaire de Chèque Déjeuner
Cet article est paru dans Interdépendances n°58 - 3e trimestre 2005.
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Réaction de B. A BA. le 24/01/2010 à 18:50
"Pourquoi tant de souffrance physique et psychique au travail ?"
Parce que les contre-manipulations ne sont pas organisées. Parce que la législation est très très en retard en matière de lutte contre les violences dites invisibles. Parce que décortiquer ce sujet c'est déjouer des pièges parfois petits, parfois grands...