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Insertion par l'activité économique

D'une usine à l'abandon à une réussite d'un projet d'insertion

En cinq ans, l'Usine a fait la preuve que l'insertion par l'économique est une activité durable et rentable pour le plus grand nombre.

Ancienne chocolaterie Menier construite en 1862, puis Pharmacie centrale de France en 1867, l'Usine était, au XIXe siècle, le symbole du dynamisme ouvrier de la Plaine Saint-Denis. Près de 150 ans plus tard, en l'an 2000, oubliée de tous et en état de ruines, l'Usine est au bord de la démolition quand le Groupe Alterna Développement y propose un projet ambitieux : associer le strass de l'événementiel et l'insertion par l'économique.

Dès 2000, l'Usine devient une entreprise d'insertion qui emploie des jeunes et des moins jeunes en situation d'exclusion, pour des contrats de 2 ans – au maximum –, dans des domaines aussi variés que la restauration, la régie ou l'entretien. Le positionnement d'activité haut de gamme permettant de revaloriser le salarié et de lui donner des débouchés professionnels par cette expérience significative. Après quelques travaux de réhabilitation, ce lieu de 11 espaces sur une surface de plus 1 500 m2, ambiance loft branché de style post-industriel, va très vite se faire connaître du « who is who » parisien et des grandes entreprises de la Seine-Saint-Denis. L'Usine permet en effet d'accueillir plus de 1 500 personnes pour une soirée, un séminaire, un défilé de mode ou un lancement de produit. La restauration, assurée par Richard Normand, qui a travaillé dans les plus grands restaurants parisiens, est alors indissociable de ce lieu. Outre le traiteur intégré qui prépare les menus gastronomiques des événements, l'Usine dispose de deux restaurants d'affaires et d'une brasserie pour les déjeuners. Il n'a fallu que cinq ans à l'Usine pour devenir un lieu prestigieux et réputé. Aujourd'hui, plus de 50 personnes en insertion y travaillent au quotidien, 300 000 clients ont été accueillis et plus 1 200 événements ont été réalisés. Des événements liés au sport, bien entendu, grâce à la proximité du Stade de France (village des athlètes de Nike pendant les Championnats d'athlétisme, le Tournoi des VI nations ou la Coupe de France de football...), aux plus grandes entreprises du CAC 40 (L'Oréal, France Telecom, EDF, AXA...), ou à l'économie sociale et solidaire (village associatif du Forum social européen, Forum national du commerce équitable, lancement de l'Alliance pour la planète...). Beau succès pour un lieu a priori sans avenir, dans une zone géographique dite sinistrée et avec des salariés qualifiés d'inemployables. Quelle belle satisfaction alors de voir les yeux ébaudis des salariés de l'Usine lorsqu'ils servent les élèves de la Star Academy ou le Premier ministre !

Une entreprise qui se développe

En cinq ans, l'Usine a donc fait la preuve que l'insertion par l'économique est une activité durable et rentable pour le plus grand nombre. Loin de se limiter à son activité originelle, l'Usine se lance dans de nouvelles aventures. Grâce au succès de sa restauration, elle a lancé, il y a quelques mois, Té-Traiteur éthique, une activité de traiteur avec une prestation réalisée grâce à des produits issus de l'agriculture biologique et du commerce équitable. Elle participe également au lancement d'Alterauto, entreprise d'insertion qui propose la location de voitures hybrides (double motorisation essence/électrique) avec chauffeurs, et réfléchit à prendre possession d'un deuxième lieu événementiel...

Jean-Baptiste Mougel

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Cet article est paru dans Interdépendances n°62 - Juillet 2006.

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