Actualités

Interdépendances fait peau neuve

+ de pages, + d´articles, une nouvelle maquette
pour présenter chaque trimestre des initiatives, des idées, les femmes et...

Une autre consommation est possible !

Le numéro 69 vient de sortir. Dossier sur le pouvoir d'achat et la consommation responsable. Disponible uniquement sur abonnement.

Tous les articles d'Interdépendances sont désormais consultables en ligne pour nos abonnés

Depuis le numéro 68, tous les articles sont accessibles en ligne pour nos abonnés.

Ca m'intér'ESS !

Mieux connaître l'économie sociale et solidaire ? Toute l'actualité sexy et moins sexy de l'ESS se trouve dans...

Toutes les actus

L'utopie fondatrice

Editorial d'Interdépendances n°51 par Jean-Marc Borello

L'économie sociale regroupe les activités économiques exercées par des sociétés, coopératives, mutuelles et associations entre autres. Leur éthique se caractérise par une finalité de service aux membres ou à la collectivité, plutôt que par une distribution des dividendes. L'autonomie de gestion, le processus de décision démocratique, ainsi que la primauté des personnes et du travail sur le capital dans la répartition des revenus sont également des critères de divergence fondamentaux.

Les deux approches de l'économie sociale sont historiquement datées. Au XIXe siècle naissent les libres associations de citoyens, ouvriers et paysans qui organisent eux-mêmes des activités productives sous des formes coopératives ou mutualistes. Les années 70 voient apparaître une consommation citoyenne plus éthique et idéologique qui augure le concept de développement durable.

Les tenants du libéralisme échevelé sont sur tous les fronts, et l'économie sociale peine à se faire entendre. On a beau jeu de la qualifier de tiers secteur alors même qu'elle emploie en France plus de 1,8 million de salariés (8e rang mondial, en proportion, derrière l'Australie, les Etats-Unis et le Royaume-Uni). On peut difficilement parler d'activité marginale quand un véhicule et une habitation sur deux sont couverts par une mutuelle d'assurance, que les mutuelles de santé protègent 40 millions de Français et que les banques coopératives collectent près de la moitié des dépôts du pays. Jadis étriqué entre Etat providence et capitalisme triomphant des organisations privées à but lucratif, le troisième secteur apparaît finalement comme une alternative et un complément indispensable aux deux blocs. La vraie question est de savoir si les leaders de l'économie sociale doivent attendre sagement qu'on leur indique la place libre ou s'ils peuvent décider de se créer un espace propre.

Les pièges tendus sont pourtant évidents. Nous ne devons pas réduire le rôle de l'économie sociale à un remplacement des services publics en déshérence et aux activités délaissées par le marché. En aucun cas nous ne devons revendiquer un espace étanche avec des frontières nettes, public, privé lucratif et non lucratif étant, en fait, intimement liés. Enfin, considérer que l'économie sociale concurrentielle est plus attractive, parce que non dépendante des finances publiques, serait une erreur : les services rendus en délégation de service public et le lien social ainsi créé sont tout aussi primordiaux.

Il est temps d'en finir avec les vieilles lunes : la viabilité de l'économie sociale n'est pas liée à ses privilèges fiscaux ou juridiques. L'économie de marché est régulièrement soutenue par les pouvoirs publics, l'actualité d'Alstom le démontre. Parallèlement, un certain nombre de structures de l'économie sociale sont imposables et paient cet impôt du fait de leurs résultats. Cela prouve, par ailleurs, leur rentabilité...

Les formes juridiques et fiscales ne sont pas les conditions nécessaires au développement de l'économie sociale, elles s'adaptent simplement aux actions que celle-ci met en œuvre. Des aménagements fiscaux particuliers sont logiques lorsqu'une association agit dans le cadre d'une mission de service public, mais cela n'est pas son seul champ d'intervention. De plus, la concurrence avec l'économie de marché, ainsi que sa capacité à gérer efficacement des activités commerciales induisent l'utilisation des mêmes outils juridiques.

Ces dernières années, les scandales financiers des grandes compagnies privées ont montré les limites de l'économie de marché et d'une gestion exclusivement tournée vers la rétribution des actionnaires.

La prise en compte des contraintes du développement durable « People, Profit, Planet » permet d'équilibrer la relation entre clients, salariés et résultats. Par ailleurs, l'éthique qui prévaut prône le respect de l'environnement. Le projet de l'entreprise devient ainsi un but partagé, porteur de sens pour ses participants. Finalement, parce qu'elle symbolise un objectif humain beaucoup plus excitant, l'économie sociale a la capacité de réussir là où le capitalisme peut échouer.

« Réparer » ne doit pas être l'unique vocation du social. Il doit prendre conscience qu'il est créateur de richesse. Par ailleurs, l'économie sociale est un projet politique qui concilie particulièrement la liberté d'entreprendre et la solidarité.

Jean-Marc Borello

0 réaction

Réagir à cet article :

Votre nom ou pseudonyme *
Votre e-mail
Url de votre site Web
Votre réaction *
621XL
Recopiez le code de validation ci-dessus

Cet article est paru dans Interdépendances n°51 - Octobre 2003.

Mentions légales - © Presscode 2008 - Ce site internet a été créé par Presscode