Editorial d'Interdépendances n°63
L'économie sociale a tout pour plaire.
Pour plaire à ses clients ou usagers : elle n'a pas à se focaliser sur la recherche des profits, elle n'est pas soumise à la pression d'actionnaires personnes physiques et peut ainsi se concentrer sur la qualité des prestations ou des services rendus.
Pour plaire aux salariés : l'augmentation des bénéfices n'étant pas un objectif prioritaire, délocalisations, pressurisation des équipes et licenciements dans l'intérêt des actionnaires y sont exclus.
Et par conséquent, pour plaire aux pouvoirs publics, à la fois souvent « clients » de l'économie sociale et soucieux de préserver l'emploi dans leur territoire.
L'économie sociale est aujourd'hui encore largement méconnue alors qu'elle représente un modèle économique capable d'intervenir sur tous les secteurs d'activité en combinant valeurs et efficacité. Car pour être crédible, l'économie sociale doit s'approprier la notion de performance !
Et pour ce faire, elle doit attirer des collaborateurs professionnels et motivés. Or, à l'heure où le recrutement devient un enjeu majeur pour les entreprises, les employeurs de l'économie sociale doivent séduire... En proposant des rémunérations comparables au privé et un cadre professionnel, en favorisant l'expression des talents et des compétences, en revendiquant la recherche de l'excellence, y compris sur le plan de la performance économique. Face aux fusions et concentrations du secteur capitaliste, nos organisations doivent être capables de se rassembler pour mettre en œuvre des projets économiques ambitieux, tant sur le plan national qu'international. Ce qui implique d'avantage de coopération entre nos structures. Les initiatives destinées à favoriser ces échanges (Rencontres du Mont Blanc, forum de l'emploi dans l'économie sociale...) se sont récemment multipliées mais nous devrons encore développer les alliances (à quand un « Market Place » de l'économie sociale ?) et faire preuve de plus de solidarité entre structures de l'économie sociale pour un jour réellement concurrencer, sur le marché, les grands groupes d'entreprises classiques.
Alors nos concitoyens, et particulièrement les jeunes, qui sont inquiets des excès du libéralisme, se tourneront naturellement vers les entreprises de l'économie sociale pour porter une ambition commune : construire l'alternative.
Cet article est paru dans Interdépendances n°63 - 4e trimestre 2006.
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