Tous droits réservés

Crédit coopératif

L'ESS a son banquier

A la rentrée a lieu la 26e Rencontre nationale du Crédit Coopératif, le moment de partager une réflexion sur la place de l'économie sociale et de l'entreprenariat social pour une société plus responsable, plus durable, plus solidaire.

Et qui de plus légitime pour organiser ce genre de débat que le groupe qui, depuis quelques années, s'impose comme le banquier de l'économie sociale et solidaire, et a fortiori des entrepreneurs sociaux ?

Le Crédit Coopératif (CC) est une coopérative. Son mode de fonctionnement démocratique « un homme, une voix » et son appartenance à l'économie sociale et solidaire en font théoriquement une entreprise au mode de gouvernance transparent et aux valeurs ancrées dans le développement durable.

Dans sa communication, la banque précise d'ailleurs que « le développement durable n'est pas une mode » et qu'elle a « par nature une vision responsable de l'économie ».

Dans les faits, qu'en est-il exactement ? En observant d'un peu plus près l'action du Crédit Coopératif par le prisme désormais omniprésent du développement durable, force est de constater que c'est une banque qui, selon les propres mots de Nicole Alix, sa directrice de la communication, « sert le modèle coopératif dans le statut, mais également dans les faits ».

Par le soutien de manifestations majeures du tiers secteur, par un éventail élargi de produits bancaires solidaires, le Crédit Coopératif s'est imposé dans le paysage bancaire coopératif comme un acteur dynamique et entreprenant.

Une politique de partenariat bien rôdée

Du Forum national de l'emploi dans l'économie sociale et solidaire au Forum national du commerce équitable, en passant par une collaboration à la publication de l'ouvrage “L'économie sociale de A à Z”, édité par Alternatives Economiques, la banque a soutenu et associé son image à de nombreux événements entre 2006 et 2007. Nicole Alix annonce d'ailleurs la couleur : « Cette banque a été créée par et pour les acteurs de l'économie sociale. Aujourd'hui, il est donc légitime que nous contribuions à donner de la visibilité au secteur ».

Rendre visible le secteur, le challenge est de taille tant l'ESS peine parfois à faire entendre sa voix. Associer régulièrement son image à des événements significatifs, d'aucuns pourraient considérer que c'est une pure opération de communication. Ce serait réducteur pour un établissement qui, depuis 40 ans, représente la banque de référence pour les organismes ayant une activité d'intérêt général : grandes associations, secteur social et médico-social, associations de parents d'enfants handicapés, coopératives de transport et d'artisans.

Pour exemple, il existe 1 700 Scop en France : 80 % sont clientes du Crédit Coopératif.

Ce rôle peut d'ailleurs s'appréhender sur le versant politique : présent à la présidence du Groupement National de la Coopération, le Crédit Coopératif est partie prenante de la construction et de la professionnalisation du secteur. Et comme ce qui est visible se compte mieux, il participe même auprès de l'INSEE aux travaux en faveur d'un compte satellite qui comptabilise les Institutions sans but lucratif.

Ethique et efficacité, cocktail gagnant

Voilà pour le côté institutionnel. Mais une banque, c'est également un acteur économique au quotidien, des clients, des produits... Le Crédit Coopératif propose une offre de produits éthiques : fonds socialement responsables, fonds solidaires, fonds de partage. Ces derniers sont issus d'un travail de collaboration avec Finansol. Premier exemple, la carte Agir [lire encadré ci-contre].

De manière plus large, sur le site du groupe bancaire, on peut même lire que « les bénéficiaires de produits de partage du Crédit Coopératif ont collecté en 2006 près de 2,5 millions d'euros de dons, portant à 26 millions les dons reçus depuis la création du premier produit de partage en 1983 ». Une belle somme dont bénéficient les causes d'intérêt général, et qui fait du groupe non pas un acteur mais un contributeur non négligeable à la lutte contre les exclusions.

Si on le compare aux principales banques, qu'elles soient ou non de l'économie sociale et solidaire, le Crédit Coopératif est l'opérateur bancaire qui offre la plus large palette de produits solidaires à ses clients.

Sur la page d'accueil du site Internet, un seul clic suffit pour accéder à cette offre, ce qui n'est pas franchement le cas pour tous ses concurrents...

L'ensemble des fonds éthiques est géré par Ecofi Investissements, filiale du Groupe.

Depuis plus de 20 ans, elle a peu à peu assis son expertise en matière de gestion éthique.

Sa bonne gestion a été saluée en mai 2007 par le magazine Le Revenu, qui lui a décerné trois Trophées d'Or (trophée des meilleures SICAV et fonds) : la meilleure performance globale sur 10 ans, la meilleure gamme “actions internationales” sur 3 ans, et le meilleur fonds “actions internationales” sur 10 ans. Une manière de prouver que concilier performance financière et principes éthiques n'est pas une chimère.

Une manière également d'affirmer l'importance des banques en tant qu'arbitres pour encourager ou décourager les investissements responsables.

Les Amis de la Terre, peu connus pour être complaisants, ont d'ailleurs placé le Crédit Coopératif en deuxième position (derrière la Nef, établissement de crédit associé au CC) dans leur guide éco-citoyen du secteur bancaire. Pas de quoi s'endormir sur ses lauriers cependant, et Nicole Alix en est consciente : « Il nous reste beaucoup de choses à faire pour avoir une démarche durable globale : réfléchir à notre impact écologique lors de l'aménagement de nos agences, favoriser les investissements dans des produits bancaires propres, réfléchir avec nos clients sur leur manière d'épargner et d'investir... »

Afin d'intégrer cette prise de conscience dans une démarche globale d'entreprise, le projet “Vie Coop” a été mis en place : des petits groupes de travail qui s'emploient à améliorer le mode de fonctionnement de la banque, à rendre la gouvernance plus transparente...

Le groupe développement durable est chargé d'insuffler la notion de durabilité dans toutes les lignes de cette banque dont le produit net bancaire atteignait 307,9 millions d'euros en 2006. Vous avez dit éthique et efficace ?

Guillaume Guitton

-----

La carte Agir

Le principe est simple : à chaque retrait effectué par le sociétaire, une somme de six centimes d'euros est versée au profit d'une association partenaire de son choix. Aujourd'hui, sept associations collaborent avec le Crédit Coopératif dans ce cadre.

Pour aller plus loin, la banque a récemment créé le livret Agir. Ici encore, le principe est similaire : Agir fonctionne comme un livret traditionnel, au détail près que 50 % des intérêts annuels sont reversés à l'association choisie dans une liste de bénéficiaires.

En 2006, les dons collectés par ces livrets ont atteint la somme de 1 176 000 euros.

0 réaction

Réagir à cet article :

Votre nom ou pseudonyme *
Votre e-mail
Url de votre site Web
Votre réaction *
TQ73X
Recopiez le code de validation ci-dessus

Cet article est paru dans Interdépendances n°67 - quatrième trimestre 2007.

Rédacteurs en chef invités

Photo Pierre Rabhi

Pierre Rabhi

Photo Patrick Viveret

Patrick Viveret

Offres d'emploi

Chaque trimestre, découvrez dans le magazine papier des offres d'emploi dans le secteur de l'économie sociale et solidaire.

Annonceurs, publiez vos offres d'emploi

Inscrivez vous à la lettre d'information

Recevez par e-mail les dernières infos d'Interdépendances

 

Mentions légales - Contact - ©2010 - Interdépendances est une publication du Groupe SOS